Mardi 22 mai 2012 2 22 /05 /Mai /2012 21:52

Mardi 22 avril 33.160 :

 

Tout en marchant derrière ce drôle de type que je fais semblant de connaître sans avoir rien à lui dire, je fais abstraction de tout. Je le suis comme si j'étais dans les profondeurs d'une grotte, je ne vois que lui, mon faisceau de lampe, enfermée dans mes pensées, plus sombres que les abysses à jamais inexplorées.

Je pense au cambriolage. Je ne vois que ce mot pour exprimer ce qu'ils m'ont fait. Ils ont cambriolé ma vie. Ils m'ont tout pris et aucune assurance ne me rendra ce que j'ai perdu.

 

Quelques mois avant... que ma vie ne soit plus ma vie, trois hommes -c'est un voisin inconnu qui les avait compté lorsqu'ils avaient sauté le portail- sont venus chez moi et ont emporté ordinateurs et téléphones portables. Sur le moment, çà ne m'a rien fait que du vide à l'intérieur. Quelques jours plus tard j'ai remarqué que j'avais changé mes habitudes et je me suis rendue compte que ce qu'on m'avait volé ce n'était pas tant les photos des gosses que je n'avais pas sauvegardées depuis six mois, ce n'était pas le boulot administratif que j'avais abattus durant l'année scolaire, ni toute l'énergie que j'avais mis à apposer mon emprunte à tous ces appareils pour qu'ils forment une extention de moi-même... Non ce qu'on m'avait pris de plus important c'était ma sérénité. Depuis ce jour, ma porte a été fermée à clef aussitôt rentrée, aussitôt sortie. Pas un volet n'est resté ouvert, j'ai emporté sur moi des objets dont je n'avais pas besoin de peur de ne plus les retrouver en rentrant, j'ai caché les autres dans des cachettes improbables que je changeais régulièrement...

 

J'essaye de ressentir le vide, ce vide serein qui m'avait habité avant que la vague d'angoisse ne me submerge. Ce que je voudrais c'est surfer sur cette crête éternellement.

 

Il ouvre une porte et m'enjoint à passer devant lui sans croiser mon regard alors, moi, je suis bien obligée maintenant de regarder où je vais. Il veut que je rentre dans un grand bureau au décor froid. Les plantes qui envahissent l'espace avec zénitude n'arrivent même pas y faire entrer un peu de vie. Elles semblent toutes artificielles. De derrière une feuille de bananier, émergent de longues jambes interminables -Sharone Stone ?-. J'avance, elles ne bougent pas. La porte se referme dans mon dos. Elle n'a pas claquée mais je me retourne le coeur battant... elle n'a pas disparue... Ma respiration s'appaise.

 

Elle se lève, et quand je la vois, je sais qu'elle s'appelle Etriade et qu'elle est ma mère même si elle ne me ressemble pas. Je ne l'ai jamais décrite dans mon roman. Je l'ai eu dessiné mais je dessine mal, je n'arrive pas à mettre en image ce que j'ai dans la tête, car ce que j'ai dans la tête reste souvent à l'état d'émotion, d'esquisse sensitive. Quelque chose me prend à la gorge, une émotion que je n'arrive pas bien à placer entre la terreur et l'émerveillement. Quand j'imaginais rencontrer des fées je pensais à cette émotion, je l'avais déjà conceptuamisée : une furieuse envie de m'enfuir et en même temps une fascination telle que j'en resterais clouée sur place.

 

Mes lèvres expriment les syllabes à mon corps défendant et çà la fait sourire :

-E-tri-ade ?

Par eterlutisse - Publié dans : roman en ligne
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Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 21:39

http://www.babelio.com/couv/cvt_Marseille--Energies-et-frustrations_7037.jpegCe livre m'a conquise au-delà de tout ce que j'attendais. Ecrit en 2006, c'est un portrait éclairant de la ville au travers de la vie de ses citoyens les plus engagés. Il reflète parfaitement ce que Marseille peut générer en terme de rêves et de déceptions. 

Des acteurs passionnants et passionnés jettent un regard percutant sur leur parcours et sur leur ville. J'ai "découvert" Marseille avec ce livre. Après la lecture de Ville sauvage : Marseille - Essai d'écologie urbaine, Baptiste Lanaspeze m'emmène encore plus loin dans l'émerveillement et la prise de conscience. 

Je ressens et vis aujourd'hui ce dont ils parlaient en 2006 mais je n'avais pas mis de mots aussi précis sur mes impressions. 

Je partage comme certains cette envie de révolte face à l'inertie de ceux qui détiennent le pouvoir. Je ne me rendais pas compte à quel point ils sont responsables ! 

J'ai marqué plus de trente pages pour pouvoir y revenir plus tard. J'aurai envie de lire un deuxième tome qui nous présenterait l'évolution de tous ces personnages hors du commun. Pour l'heure, il m'appartient d'aller creuser les sujets qui m'ont interpellée grâce à la foultitude de notes et références que l'auteur sème dans ses pages.

 

Aujourd'hui, je suis encore allée au Petit magasin de Viens ! à Marseille, j'adorerai lire un entretien de Charlotte Bensoussan mené par B.Lanaspeze. Sa façon de présenter chacun de ses interlocuteurs est vraiment pertinente et sucite l'engouement. Là encore les photos de Geoffroy Mathieu souligne son travail avec une poésie qui permet de ressentir le charisme, les personnalités et les lieux sans artifice.

Par eterlutisse - Publié dans : critique de livre
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Mardi 8 mai 2012 2 08 /05 /Mai /2012 22:25

Un jour ou une nuit :

 

J'étais réveillée quand c'est arrivé. J'ai eu comme l'impression que des milliers d'élastiques claquaient autour de moi. La seule chose de comparable dans mon vécu personnel serait les décharges électriques qu'on peut recevoir quand on touche un caddy mais là je l'aurais touché avec tout mon corps des centaines de fois en quelques secondes.

Et puis comme si toute la volonté accumulée depuis... depuis que j'étais dans cette chambre avait été lâché comme les eaux d'un barrage qui saute, je me suis retrouvée assise, debout, à marcher, à courir dans toute la pièce, à sauter. Je riais comme une folle. Je ne sais pas si on a jamais ressenti ça. Sans doute que non car les gens lorsqu'ils sont contraint à l'immobilité pendant longtemps sont enquilozés, incapables de bouger. Peut-être est-ce ce qu'on ressent quand on naît ? Une libération si forte, si soudaine, je me suis rapidement trouvée assise cul nu sur le sol froid a pleurer et rire en même temps et la porte s'est ouverte. Je dis la, peut-être y en avait il d'autre... Je n'en avais vu aucune jusqu'à présent.

Cette incursion dans mon monde tout blanc m'a fait redescendre instantannéement de mon état euphorique. Je me suis recroquevillée comme une limace, escargot sans coquille et je l'ai regardé autravers des longues boucles qui me voilaient le visage. J'aurais aimé que mes cheveux me cachent en entier.

 

Il s'est vivement retourné, choqué par ma nudité. Ou par ma propre gêne ? Je n'ai pas eu le temps de voir son visage, on aurait dit un robot avec des mains humaines dans son costume sombre couleur métal ; un mauvais film de SF des années 50.

- Levez-vous Eterlutisse.

J'ai obéï. De derrière lui ont surgit deux jeunes femmes portant des vêtements pliés dans leur mains, à la manière de geicha japonaises me suis-je dis. Elles ont alternativement baissée la tête lorsque j'ai pris le paquet que chacune me tendait. La deuxième a osé croisé mon regard en effectuant son petit salut et j'ai cru qu'elle entrevoyait le diable, çà m'a plié en deux à l'intérieur. Elles se sont retirées sans qu'il dise quoi que ce soit. J'ai posé la pile sur mon "lit" et j'ai détaillé ce qu'on m'avait donné : Un pull chaussette fushia qui tombait à mi-cuisse, la matière pouvait faire penser à de la soie angora. Un débardeur... en plastique caoutchouteux, transparent ! Une culotte jaune, en coton sans doute, imprimée de "mon" prénom en vert -charmante attention- et puis un fuzeau orange pétant attaché à des bottines bleu turquoise irisé.

J'ai enfilé le tout sans hâte pendant que l'autre se rongeait les ongles d'après ce que je pouvais deviner de sa silhouette tournée vers la porte invisible. Je ne l'ai pas lâché des yeux essayant de définir un sens à tout ce qui se passait. Il y avait surtout des questions qui arrivaient par paquets de mégaoctets. J'essayais de hiérarchiser. Par quoi allais-je commencer. Son nom ? Cela ne m'apporterait rien mais sans doute que si tout cela devait revenir à la normale, fallait-il commencer comme dans une rencontre normale... à moins que je ne le connaisse déjà, en fait je suis sûre que je suis sensée le connaître. Il m'a appelé par mon prénom... Enfin le prénom que j'ai deviné être le mien. Eterlutisse, je croyais avoir inventé tout çà... Autant dire que même en y mettant beaucoup de mauvaise volonté et en m'étonnant longuement des drôles de propriétés des vêtements que j'enfilais, je n'avais pas trouvé l'amorce d'une conversation une fois ajusté le bas du pull et vérifié le semblant d'arrangement de mes cheveux en pétard. Je n'ai jamais eu les cheveux bouclé, sauf une fois, une permanente que j'avais détesté. J'imagine que même coiffé j'aurais eu cet air là.

Par eterlutisse - Publié dans : roman en ligne
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Samedi 5 mai 2012 6 05 /05 /Mai /2012 17:25

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51VAdXtBjtL._SL160_.jpgNous avons testé la balade 28, le fort de Niolon.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Elle est très pitoresque ; j'ai fait plein de photos.

Photo6508

Photo6512

Ça grimpe bien -surtout avec un petit bout qui ne veut plus marcher après les premiers 100 mètres de balade-.

Photo6506.jpg

Jusqu'à la fourche vers le fort de Niolon un itinéraire assez bien expliqué et puis après... nous nous sommes perdu !

Photo6515.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des 10 aines de chemins partout.. Nous avons réussi à rentrer* mais là, je n'avais pas de carte supplémentaire alors une vraie galère au milieu de la nature qui embaume, des falaises magiques, de vues panoramiques sur la mer et Marseille version géant et nous tout petit avec une furieuse envie de rentrer après avoir bien profité de la nature.

Photo6519.jpg

 

Le must de cette balade : pique-niquer à côté des ruines du fort de Niolon.

 

* en prenant le chemin de droite quand on arrive à la fourche qui va vers le fort Niolon à gauche, tout droit -celui qu'il fallait prendre- ou à droite. Nous sommes descendus dans le vallon et remontés ensuite arrivés à un gros embranchement nous avons testé vers la gauche une montée qui nous a amenés sur un large chemin de feu loin de plus en plus loin... Nous avons rebroussé chemin et avons finalement pris celui qui descendait doucement le long de la falaise, rapidement bordé de magnifique bouquets de fleurs jaunes très odorantes -voir photo- puis nous avons continué sur la droite ce large chemin, entre de récentes plantations d'oliviers -il y avait même un tracteur ???-, nous sommes passé devant un jardin associatif et nous avons rejoint le chemin du début un peu au-dessus du pont de pierre -voir photo-.

 

Par eterlutisse - Publié dans : compte-rendu de lecture
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Vendredi 4 mai 2012 5 04 /05 /Mai /2012 20:58

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51FP8yequcL._SL160_.jpgNous avons testé la balade 14, le vallon des trésors cachés, Saint-Marcel :

Un quartier à découvrir. Les commentaires sur l'histoire du quartier sont très fournis et intéressants. Mes moments préférés : plusieurs passages près du canal de Marseille.Photo6484.jpg J'ai pu voir le départ d'une balade vers le mont Saint-Cyr

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo6486.jpgPhoto6496.jpg

Photo6479

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par contre, la balade n'est pas très bien expliquée, des escaliers à prendre, au début de la balade pour récupérer le boulevard Saint Marcel -du coup on a découvert un autre passage qui rejoint le boulevard de la Forbine en continuant tout droit au lieu de prendre l'escalier-.

 

Vers la fin, un passage interdit aux piétons est à emprunter sans que le livre le mentionne -plutôt que de le prendre, on s'est retrouvé perdu dans la cité des Néréïdes, heureusement qu'on avait une carte en plus de livre !-. En fait, la rue Saint-Clair se terminait par des escaliers donnant sur la cité, l'autre choix étant de prendre le Vallon de Saint-Cyr -le lit du ruisseau... visiblement ce qu'il fallait prendre pour déboucher sur le canal de Marseille et rejoindre la traverse des Raymonds-.

Photo6502

 

 

ouPhoto6505.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce qui est un peu dommage : chaque petit coin de nature est cafi de canettes et autres déchets...

Par eterlutisse - Publié dans : compte-rendu de lecture
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