"Notes de mes lectures"

Publié le par eterlutisse

Voici le journal de lecteur de mon grand père :

 

26 août 1936

 

Dieu dans la nature de C.Flamarion

 

      Une guerre et une révolutionsanglantes viennent de passer sur la terre de France, et comme une trombe infernale l'ont agitée et boulversée, ne laissant derrière elles que la ruine et la mort. La guerre est du à l'ambition de quelques hommes criminels et à l'ignorance des masses dont le faux patriotisme se laisse encore éxalter par des chimères politiques. L'insurection de Paris était due aux absurdes principes de quelques prétendus républicains aussi criminels que les Princes auquels Machiavel a appris à faire litière des peuples ; elle était due aussi à l'ignorances des masses qui se laissent dominer par des chefs de partis, fous, furieux, qui pour régner à leur tour réduiraient volontiers le globe à l'état de cimetière. Lespassions politiques ont allumé et entretenu cette double folie, si funeste pour l'Europe entière. Pendant que des myriades d'insensés s'entretuaient et que les lueurs fauves de Paris incendié semblaient annoncer le crépuscule de la civilisation. Il est difficile de reconnaître la main de Dieu derrière les mitrailleuses, les canons et les obusiers ; car le Dieu des armées qui bénit les victoires et s'enivre du sang de la vengeance est un dieu fait à l'image de l'homme. (Ce n'est pas le Dieu de la nature). Il est facile au contraire de constater que ces catastrophes funèbres sont dues à l'absence de sentiments vrais dans le coeur des hommes, à l'absence de principe pur dans leur esprit. L'animal à face humaine (nous venons de le voir, hélas !) n'est pas encore quoi qu'il en dise un animal raisonnable. Il semblerait même en de tels jours que l'espèce humaine soit l'une des plus déraisonnable qui existe sur ce globe.

En quel siècle, à quelle époque de la civilisation a t-il été plus nécessaire de se régénérer dans le jardin du vrai culte, du culte pur et sans forme matérielle, du culte de l'Eternel et de l'Infini ? Oh ! les hommes ne seraient plus méchants, s'ils savaient ces choses. Leur féroce brutalité disparaîtrait ; leur travail et leur intelligence développée amèneraient un équilibre meilleur, et les guerres, internationales et civiles cesseraient enfin.

 

[...]

 

Etudier la nature : Tel doit être le grand intérêt intellectuel de notre vie. Sans cette étude, nous vivons dans un monde inconnu, sans savoir où nous sommes ni qui nous sommes. Dans la contemplation du beau dans la nature, qui n'est que la splendeur du vrai, nous sentons le bien s'affirmer et s'éclairer dans nous âmes. Nous sommes dans la voie de notre destinée spirituelle. Notre intelligence voit Dieu.

La construction de l'Univers ; les forces mécaniques qui font tourner la Terre sous les rayons fécondants du Soleil et qui donnes aux planètes leur météorologie et leurs conditions d'existance ; la vie dans le monde des plantes et dans le règne animal ; la pensée dans le cerveau humain et les conceptions qui en émanent ; l'ensemble de la création vu dans un même panorama : quels sujets plus dignes d'attention que ceux-là, quelles études plus capables de former notre éducation spirituelle et d'établur la base de notre instruction de citoyens.

 

Evangile : Saint Paul aux Romains 7-15-21-23

 

Je ne comprends rien à ma façon d'agir : Je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je déteste. Je découvre cette loi en moi que lorsque je veux faire le bien, le mal est là. Je me complais dans la loi de Dieu au fond du coeur ; mais je trouve dans mes membres une autre loi que lutte contre la loi de ma conscience.

Malheureux homme que je suis, qui me délivrera de ce corps de mort.

 

Saint Paul aux Galates 5-17

 

La chair convoite l'esprit, et l'esprit contre la chair. ILs se contrarient mutuellement, en sorte que vous ne pouvez faire tout ce que vous voulez.

 

Saint Paul aux Galates 5-24

 

Ceux qui sont au christ ont crucifié leur chair avec ses passions et ses convoitises.

 


 

Lachâtre : Mot affligé : Tous les maux dont notre epsèce est affligée ne viennent que de nos erreurs, de nos intérêts mals entendus, de nos préjugés. (Boulanger)


A suivre...

 

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